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Éphémérides
Un randonneur sac au dos avance sur un platelage de bois le long d'un ruisseau bordé d'arbres d'automne

Randonnée

Traversée de la vallée de Chevreuse, de gare à gare

Stefano — 19,0 km — 400 m D+

Dix-neuf kilomètres d'est en ouest dans les Yvelines, de Saint-Rémy-lès-Chevreuse à La Verrière : le château de la Madeleine, les étangs de Milon et les ruines de Port-Royal. Trois heures cinquante, sans voiture.

La haute vallée de Chevreuse commence à quelques stations de RER de Paris, ce qui en fait l’une des rares grandes randonnées d’Île-de-France qu’on attaque sans voiture. Celle-ci se fait de gare à gare, d’est en ouest : descente à Saint-Rémy-lès-Chevreuse au bout du RER B, retour depuis La Verrière par le Transilien N. Dix-neuf kilomètres, quatre cents mètres de dénivelé positif, trois heures cinquante pauses comprises. Un dimanche de novembre, à trois.

La « petite Venise » des Yvelines

Le village de Chevreuse arrive tôt après la gare. L’Yvette y traverse les habitations, franchie de ponts de pierre et bordée de lavoirs — d’où le surnom, qui n’est pas volé. C’est la seule portion vraiment urbaine du parcours, et elle vaut d’être marchée lentement plutôt qu’expédiée.

Les maisons au bord de l'Yvette à Chevreuse
Le long de l'Yvette.

Le château de la Madeleine

La montée se fait par le chemin des Petits Ponts. En haut, le château de la Madeleine tient la vallée depuis le XIᵉ siècle. Sa position commandait la route vers Paris, ce qui lui a valu de compter pendant la guerre de Cent Ans. Aujourd’hui, ce qui frappe surtout, c’est le panorama : on voit d’un coup l’ensemble du vallon qu’on vient de remonter.

Le château de la Madeleine dominant la vallée de Chevreuse
Le château de la Madeleine, à l'aplomb du vallon.

La forêt, puis le pique-nique

C’est la partie la plus longue, et en novembre la plus belle : le sol est couvert d’une épaisse couche de feuilles rousses. Pause déjeuner vers treize heures, en pleine forêt, assez loin des routes pour n’entendre que les oiseaux. Prévoir de quoi manger — il n’y a rien sur cette portion.

Les étangs de Milon-la-Chapelle

La descente vers Milon-la-Chapelle débouche sur deux petits lacs pris dans la verdure. En automne, la lumière rasante et la brume au ras de l’eau font tout l’intérêt de l’endroit ; à une autre saison ou à une autre heure, l’effet serait sans doute beaucoup plus banal.

Les étangs de Milon-la-Chapelle sous la brume d'automne
Les étangs de Milon.

Port-Royal des Champs

La dernière étape passe par les ruines de l’abbaye de Port-Royal des Champs. Au XVIIᵉ siècle, le lieu était le foyer du jansénisme, un courant catholique austère qui a attiré des intellectuels — Pascal y a séjourné. Louis XIV, qui ne tolérait pas ce foyer de résistance, en a ordonné la destruction en 1711.

Il en reste les ruines, un pigeonnier et le bâtiment des Petites Écoles. L’ensemble se visite en quelques minutes et casse utilement la monotonie de la fin de parcours.

Les ruines de l'abbaye de Port-Royal des Champs
Ce qu'il reste de Port-Royal.

Ce qu’il faut retenir

Trois heures cinquante plus tard, la gare de La Verrière met un terme net à la journée. À refaire, trois choses à savoir : le tronçon forestier n’offre aucun ravitaillement, l’intérêt des étangs de Milon dépend entièrement de la lumière, et le sens est-ouest a l’avantage de garder la montée du château pour le début, quand les jambes sont fraîches.

Lieux traversés